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Une expression citoyenne qui dérange

À l’attention des fâcheux conservateurs, des irrécupérables utopistes ou des gens du commun qui se cramponneraient pathétiquement aux idées éculées comme « une société n’est pas une entreprise » ou « un espace public est autre chose qu’un nœud de communication destiné à optimiser des flux », nous proposons, sur cette place de la République, sur cette même place publique que l’intérêt général voudrait semble-t-il qu’on la privatise pour moitié, nous proposons d’inaugurer aujourd’hui même un « arbre à palabres ».

Nous nous contenterons aujourd’hui d’apposer une simple plaque sur un arbre, sans présager de ce que cette inauguration, apparemment creuse et sans autre objet, inspirera ultérieurement ou non, aux uns et aux autres.

Gageons toutefois que cette plaque, si on lui laisse le temps de durer dans le paysage, pourra inviter ponctuellement quelques usagers de la place de la République à ne pas poursuivre aveuglément leur « marche », et à s’arrêter pour passer avec des inconnus, pour ne pas dire avec des étrangers, quelques instants qui mettront un peu à distance l’indifférence publique qui tend à régner structurellement. Gageons que cet « arbre à palabres » saura, à l’occasion, accueillir, abriter et soutenir en même temps un « dialogue social renouvelé ».

 

Moins de deux semaines après son inauguration, la pancarte apposée sur le platane de la place de la République choisi pour symboliser le dialogue social a mystérieusement disparu… Mais qui peut bien avoir intérêt à décourager des rassemblements spontanés et l’expansion de la parole citoyenne ?

 

Quelques jours après le lancement de cette initiative humble et originale, une frise de près de 20 m rassemblant plusieurs milliers de signatures pour dire NON au projet de centre commercial et titrée CECI EST UNE PLACE PUBLIQUE avait été affichée à l’endroit même de la palissade qui avait accueilli l’invitation municipale à participer massivement à la « concertation » publique sur la place de la République… (concertation qui portait en fait uniquement sur la partie est de la place et qui a abouti à l’adoption d’un projet inutile visant à la transformer en parvis de centre commercial).

 

Or, moins de 24 heures après sa mise en place, ce nouvel élan citoyen a été encore une fois muselé. En effet, la mairie de Caen s’est empressée de faire disparaître l’expression publique de milliers d’habitants concernés et a tout « nettoyé » au petit matin : une forme de confiscation de la parole qui en dit long sur l’état d’esprit de la municipalité. Serait-ce un nouveau signe de la fébrilité de Joël Bruneau et de son équipe sur ce dossier ? 

www.caen-ecologiste-citoyenne.fr

Samia Chehab, Rudy L’Orphelin, Julie Rousinaud

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